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Test de vaccin en Afrique: lynché, Jean-Paul Mira s’explique !

Ces propos ont bouleversé les internautes africains. Intervenant mercredi dernier sur la chaine française LCI, le Professeur Jean-Paul Mira avait proposé qu’un vaccin en étude soit testé sur des populations africaines dans le cadre de la riposte à la pandémie du Coronavirus.

Des propos qui ont fait réagir plusieurs célébrités africaines comme Samuel Eto’o, Didier Drogba ou encore l’Economiste togolais Kako Nubukpo.

Lynché sur les réseaux sociaux, Jean-Paul Mira s’est confié à une étudiante ivoirienne qui l’a contacté peu après son interview.

Nisha a pu avoir et transcrire les captures d’écran de cette discussion dont le contenu a fuité:

« Bonjour,

Je suis Mlle Micondo étudiante ivoirienne (Africaine). Je vous écris suite à votre intervention sur une chaine de télévision proposant un vaccin en Afrique.

J’aimerais avoir plus d’information sur les avantages d’un tel vaccin pour la population africaine et pourquoi avoir choisi l’Afrique? Sans toutefois douter de vos études veuillez s’il vous plait m’éclairer.

Cordialement.

Réponse de Jean-Paul Mira

Bonjour Madame;

Désolé si mes mots n’ont pas été clairs et je vous prie d’accepter mes excuses pour la confusion de mes propos. Laissez-moi-vous repréciser le contexte de cette émission.

Le chercheur de l’ISERM  que je ne connais pas proposait de tester le vaccin BCG que beaucoup ont déjà eu sur l’évolution de la maladie Covid-19. Ce vaccin modifierait les défenses de l’organisme pour diminuer le risque de formes graves. Il ne s’agit pas d’un vaccin anti-Covid, en aucun cas.

Cette recherche est prévue en France et en Australie et pas ailleurs.  L’Afrique est touchée  mais il y a peu de tests diagnostiques pour le prouver. L’Afrique pourrait être encore plus exposée aux formes graves car il y a peu de masques comme partout et peu de confinement  du fait de la structure sociale. Il me semblait  alors intéressant qu’en plus de la France et de l’Australie un pays africain puisse participer à cette étude  en sachant que je ne suis en rien impliqué dans cette étude que je ne connaissais pas avant l’émission.

Voilà.  Ma grande faute est d’avoir posé cette question. Mais je ne suis pas impliqué dans cette recherche. Toute l’histoire est là. Je n’aurai pas dû poser de questions.  Mais je suis inquiet pour l’Afrique. Au Mali par exemple il  y a une seule réanimation pour tout le pays. Les soins sont coûteux et longs. Je ne connais pas la situation en Côte d’Ivoire mais quand j’ai vu comment nous avons été débordés à Paris, je crains que les moyens ne soient pas suffisants en réanimation. Il faut prévoir avant la vague épidémique.

Les essais cliniques se font partout dans le monde. Peu en Afrique. Peut-être que vous les autres qui me pourchassez devriez-vous offusquer de cela. Il n’y a pas quasiment de tests diagnostiques en Afrique. Vous devriez vous offusquer de cela aussi. Il y a peu de réanimation et de respirateur en Afrique, vous ne le savez peut-être pas mais pas moi qui fait partie d’une association de réanimateurs africains la SARANF qui éduquent les docteurs urgentistes et réanimateurs africains.

Je suis extrêmement blessé par cette affaire qui ne reflète en rien mon état d’esprit. J’adore l’Afrique, j’y ai travaillé 18 mois à Dakar et ce sont des souvenirs qui illuminent ma vie aujourd’hui encore. Je vais faire ce que je connais le mieux. Soigner les gens et j’espère que ces quelques mots d’explications vous permettront de mieux comprendre mes propos maladroits. Mes sincères excuses réitérées ».

Justin Koffi

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