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La lettre d’amour enflammée de Elom 20ce à Farida Nabouréma

L’être humain est plus précieux que les biens matériels”, ou mieux « l’âme pèse plus que le corps », c’est bien ce que signifie « Amewuga » le titre du nouvel album du rappeur togolais Elom 20ce.

Son dernier clip Amewuga (Noukpékpé Makpézan part.1) condamne l’esclavage et dénonce plusieurs maux sociaux comme la précarité de nos infrastructures en Afrique.

Preuve, s’il en fallait encore, que Elom 20ce reste l’un des artistes africains les plus engagés du continent.

C’est sans doute conscient de ce statut que l’artiste togolais a « déclaré sa flamme » à Farida Bemba Nabourema , une militante togolaise des droits de l’homme qui se bat pour la démocratie au Togo depuis son adolescence.

Nisha vous propose l’intégralité de la missive enflammée de Elom 20ce pour Farida :

Chère Farida Bemba Nabourema,

Je t’écris cette lettre publique pour te dire toute l’admiration et le respect que j’ai pour toi. Pas toi, en tant que personne mais pour l’Amour que tu portes pour le Togo, pour l’Afrique.
Tu vois cet Homme qui rit à la fin du film ? Cet Homme qui défie les fusils ? Cet Homme qui semble seul mais ne l’est pas, C’est toi.

J’ai vu dans ton texte publié le 19 mars dernier, que tu avais jeté l’éponge dans la lutte pour un Togo meilleur. Tu sais comme moi qu’un poisson a beau volé dans les airs, il revient toujours au fond de l’eau.

Si j’ai décidé te dédier ce clip, c’est parce que tu es à mes yeux une des définitions d’AMEWUGA. Ici, vu dans le sens de l’Amour des gens, l’Amour des siens, l’Amour des Hommes. Dans un monde où les gens sont préoccupés par leur ascension sociale, les honneurs et autres, tu es une définition d’AMEWUGA car les convictions ne sont pas des marchandises. Je lisais récemment quelque part que « quand la peur est absente l’amour est là ! ». Cette vidéo t’es dédiée pour cet amour sans faille, cet amour action, cet amour engagement.

L’écriture de l’album AMEWUGA essayait de répondre à une question fondamentale : quelle était la place de « l’intime » dans nos luttes ? J’ai eu la chance de rencontrer ton père. Grâce à toi. Il m’attendait sous l’arbre. Un homme qui dégage beaucoup d’humilité . Quand je lui ai laissé l’album que je voulais te donner, il m’a demandé combien il me devait. Je lui ai dit qu’il ne s’agissait pas d’argent. Il m’a dit qu’il connait le prix du sacrifice et que si j’ai pu reconnaître sa fille, c’est que je méritais au moins d’être payé pour le coût de mon album. Il parlait de toi la lumière dans les yeux. J’ai trouvé ça très beau.

Je n’imagine pas tous les coups que tu as pu encaisser dans cette lutte. Des coups que tu auras encore à encaisser. Sache que toutes les personnes qui te combattent seront foudroyées une par une. Le fer cogne le vase en argile et pense l’avoir détruit. Avec le temps, il se rappelle qu’il est tiré de la terre, et qu’il pourrait gagner des batailles, mais que la grande victoire de la guerre reviendra à l’argile.

J’espère un jour te croiser en vrai. Te filmer pour la série « Les cogneurs de l’invisible. » Je suis convaincu qu’un jour, dans ce pays, on t’enseignera aux plus jeunes. On leur dira qu’il fut un temps, quand les gens baissaient la tête face à une horde de hyènes, une jeune femme radicale et en colère leur tenu tête. Radicale et en colère car comme le disait Jerry John Rawlings “le plus mauvais traitement que l’on puisse infliger à un Homme, c’est lui enlever la capacité de se mettre en colère.”

Je vais m’arrêter là. J’espère que tu te protèges comme il le faut. J’ai hâte de lire tes mémoires.

Peace,
Elom 20ce, Lomé, 30/03/2092 ! Il est 17H46.”

Elom Duvor

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