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Ce que vous ignorez sur les dames de fer de l’Afrique

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Actuellement, il y a une vingtaine de femmes ministres de la défense à travers le monde, dont six en Afrique. Ces dernières sont Marie Noëlle Koyara pour la Centrafrique (2017) ; Monica Juma, Secrétaire du Cabinet de la Défense du Kenya (2020) ; Oppah Muchinguri, ministre de la Défense du Zimbabwe (2018), la sud-Africaine Nosiviwe Mapisa-Nqakula (2012) ; Angelina Teny, devenue le 12 mars 2020 la première ministre de la Défense du Soudan du Sud ; et la dernière en date, la Togolaise Essozimna Marguérite Gnakadé, nommée par la Première ministre le 1er octobre 2020.

En effet Essozimna Marguérite Gnakadé est en charge du tout nouveau ministère de la Défense du Togo, un département qui était rattaché à la présidence depuis 2007. Elle est ainsi la première femme en charge des armées dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.

En période de pandémie de Covid-19, Mme Gnakadé a initié en novembre 2020 des actions médicales gratuites dans dans trois régions du pays. Ces opérations de santé publique conduites par la médecine militaire permettent la prise en charge pour divers soins, y compris en pédiatrie. Lors du lancement des actions foraines à Mandouri, dans l’extrême nord du Togo, tout près des frontières burkinabèu et ghanéenne, la ministre des Armées avait déclaré que ce programme visait à renforcer les relations entre militaires et civils, qui se sont détériorées ces dernières années

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Marie Noëlle Koyara quant à elle, est ministre de la Défense de la Centrafrique depuis septembre 2017, après avoir occupé plusieurs postes ministériels et représenté son pays auprès de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO).

Mme Koyara a été l’une des premières femmes acceptées à la police nationale avant de poursuivre des études universitaires pour devenir ingénieure agronome, ce qui lui a permis d’occuper le poste de ministre de la Promotion rurale et celui de la Promotion de la femme entre 1993 et 1996.

Mme Koyara a hérité d’un pays dont les trois quarts du territoire sont occupés par des groupes armés. Six d’entre eux ont engagé une offensive en direction de Bangui, la capitale, à quelques jours de la présidentielle du 27 décembre 2020, remportée par le président sortant Faustin Archange Touadéra. Bien que repoussées, les attaques continuent dans diverses localités.

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Le Kenya, pays engagé dans une logique de féminisation du gouvernement, en est à sa deuxième secrétaire à la Defense, avec Monica Juma qui a succédé en janvier 2020 à Raychelle Omamo qui a dirigé le département pendant près de 7 ans. Ces deux femmes sont armées d’un sens aiguisé du leadership.

L’actuelle Ministre de la Defense du Kenya, Monica Juma, vient également de la sphère de la diplomatie. Elle était d’ailleurs à la tête des Affaires étrangères, où se trouve actuellement Raychelle Omamo.

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En Afrique du Sud, deux femmes se sont également succédé à la Défense. Il s’agit de Nosiviwe Mapisa-Nqakula depuis 2012, après Lindiwe Sisulu, qui a occupé le poste les quatre années précédentes.

Mapisa-Nqakula a été ministre de l’Intérieur de 2004 à 2009 et ensuite ministre des Services correctionnels jusqu’en 2012. Cette figure du monde politique sud-africain a suivi des formations militaires en Angola et en Union Soviétique en 1984.

Elle est devenue secrétaire générale de la Ligue des femmes de l’ANC pendant l’Apartheid en 1993.Son blason a quelque peu été éraflé en octobre 2020, lorsque le président Cyril Ramaphosa a réprimandé sa ministre, accusée d’avoir permis à une délégation de l’ANC de s’envoler pour le Zimbabwe dans un avion militaire pour une rencontre avec le parti au pouvoir, Zanu-PF. .

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Oppah Muchinguri, ministre de la Défense du Zimbabwe depuis le 11 septembre 2018, a reçu sa formation militaire au Mozambique et a rejoint la guerre de libération de la seconde « Chimurenga », qui mena son pays à l’indépendance en 1980. Avant d’être en charge de la défense, cette ancienne combattante chevronnée avait occupé les portefeuilles de l’Egalité des genres et de l’Enseignement supérieur.

Son blason a été terni en pleine période de pandémie, lorsqu’elle a lancé une remarque controversée qui a retenti bien au-delà du continent en mars 2020. Elle avait déclaré que la maladie Covid-19 était « le châtiment divin de Dieu contre les pays occidentaux pour avoir imposé des sanctions économiques au Zimbabwe ».

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Un autre cas qui fait sensation est celui d’Angelina Teny, devenue le 12 mars 2020 la première personne à occuper le poste de ministre de la Défense du Soudan du Sud, pays qui s’est conçu dans la violence armée ayant perduré depuis son indépendance le 9 juillet 2011.

Cette sexagénaire a été ministre de l’Énergie et des Mines au sein du gouvernement d’unité nationale basé à Khartoum entre 2005 et 2010. Depuis 2015, elle menait les opérations militaires de l’Armée Populaire de Libération du Soudan, SPLM-IO, dirigée par son propre époux, qui n’est autre que l’ancien rebelle et actuel vice-président Riek Machar Teny.

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A l’image des combattantes du Dahomey et autres reines au service de leurs peuples et de leurs territoires, les Africaines aujourd’hui parviennent à se hisser aux commandes de la sphère politique. Leur contribution dans la marche du continent n’est plus une option ; elle fait partie intégrante du devenir de l’Afrique.

Une Afrique endurante qui, plus que jamais, compte sur ses dames de fer et de cœur, dont la persévérance n’a d’égal que les perpétuels défis auxquels elles sont confrontées.

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